Quand j'appris, il y a quelques mois, qu'une expo sur Marie-Antoinette allait avoir lieu au Grand Palais, j’étais aux anges!!! Marie Antoinette est mon héroïne, je connais tout de sa vie, j’ai lu presque tous les livres qui parlent d’elle – le meilleur celui d’Antonia Fraser “Marie-Antoinette” et le dernier celui de Madame Campan (première dame de chambre de Marie Antoinette) “Mémoires sur la vie de Marie Antoinette” – et j’ai vu les documentaires et les films – surtout “Marie Antoinette” de Sofia Coppola (génial!) je l’ai vu trois fois…
Enfin, après (seulement) deux mois depuis l’ouverture de l’expo (le temps est un tyranne..), j’ai pu réussir à m’y rendre.
Mon avis? J’ai adoré! Cette expo est originale, captivante et magistralement mise en scène.
Parce que, en fait, on peut bien parler d’une mise en scène car la direction artistique a été menée par Robert Carsen, habituellement metteur en scène d'opéra (et comédien).
Parmi toutes les expos que j’ai visitées aucune ne m'a parue aussi brillamment scénographie, preuve que les musées devraient faire plus souvent appel à des personnalités extérieures capables de faire parler les œuvres. Comme il l'explique dans un excellente interview parue dans le Citizen K, Robert Carsen ne connaissait rien au sujet, mais raconter le personnage de Marie Antoinette l'intéressait. Il choisit ainsi d'organiser l'expo chronologiquement afin d'en privilégier la dimension intime. Le résultat est une expo vraiment réussie, formidablement conçue.
Avec près de 300 œuvres -peintures, sculptures, objets d'art, porcelaine de Sèvres venus du monde entier- c'est toute la vie de la souveraine qui est retracée, depuis son enfance autrichienne jusqu'à la prison du Temple.
Conçue comme un opéra en trois actes, l'expo démarre par une série de pièces qui racontent l'enfance gâtée de Marie-Antoinette jusqu'à son arrivée en France. On peut voir beaucoup de tableau, de portraits et de dessins sur la vie à la cour de Vienne, sur l’adolescence de Marie Antoinette et sur les fêtes données pour son mariage avec Louis XVI.
© Rmn / Cristiano Mangione
Le second acte raconte les riches années 1770-1785 à travers une mise en scène raffinée du Petit Trianon (ci-dessus), que Marie Antoinette fit construire pour échapper à la pesante étiquette qui régnait alors à Versailles. C'est l'époque où la reine, adulée, marque son indépendance par son goût pour les arts. Là, ce sont surtout les meubles réalisés par les ébénistes qui m'ont intéressée. Des vrais chef d’œuvre d’ébénisterie et d’orfèvrerie à la fois qui nous donnent un aperçu du gout sublime, raffiné et original de la reine.
Dans le troisième acte, celui de la descente aux enfers (dont l'entrée est génialement marquée par un miroir brisé), nous pouvons admirer les pamphlets et les dessins satyriques contre la monarchie et des pièces qui nous parlent de la vie à la prison du Temple. C’est la différence entre la splendeur des meubles et des porcelaines de la cour et la simplicité des petits objets de la vie quotidienne à la prison qui m’a touché, en particulier la vue du médaillon contenant une mèche des cheveux de la reine et une des cheveux du dauphin.
Je pourrais continuer à commenter l'expo pendant des heures tant elle est riche, mais je pense que il y a une meilleure chose à faire pour tous les passionnés de Marie Antoinette, de l’art et de l’histoire de France comme moi: courez la voir, ça vaut vraiment la peine!
Marie Antoinette au Grand Palais
Du 15 mars au 30 juin 2008
Galeries Nationales, entrée Square Jean Perrin
Métro Franklin-Roosevelt ou Champs Elysées-Clemenceau
Ouvert tous les jours de 10h à 22h, sauf le jeudi jusqu'à 20h, fermé le mardi (fermeture des caisses 45 minutes avant)
Tél : 01 40 13 48 00


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